Mutations des activités artistiques et intellectuelles (L'Harmattan)

Mutations des activités artistiques et intellectuelles, éditions L’Harmattan, 2000, 127 pages - ISBN : 2-7384-9990-2

Pascal NICOLAS-LE STRAT


Plusieurs essais composent cet ouvrage. Ce qui fait l’unité d’un recueil reste toujours incertain. Ces textes partagent néanmoins une même préoccupation : débusquer dans chaque réalité ce qu’elle réserve comme « mobilité intempestive », que cette réalité intéresse l’art, le travail ou le savoir.

Cet idéal de mobilité est partagé par de nombreuses expériences conceptuelles et politiques : l’expérience de l’exode et la découverte de cet « exil de l’intérieur » que partagent les travailleurs précaires, l’agencement des schizo-apprentissages qui nous confrontent à toutes ces interruptions substantielles constitutives de notre parcours de formation, la pratique de l’occupation et du squat qui magnifie la présence de ceux dont justement la présence se dérobe (les sans-travail, les sans-papiers, les artistes-sans-lieu).

Nous retenons dans l’expérience de la mobilité ce qu’elle comporte comme puissance critique, que cette critique joue à l’encontre des conventions classiques de l’art, du travail ou de la langue.

Ces « mobilités intempestives » nous renvoient à l’actualité d’un art qui déborde radicalement les corpus autorisés et les manières homologuées de créer (un art rendu à sa multitude) ; elles inaugurent de nouvelles dispositions de travail qui ne se laissent plus contenir par les conventions capitalistes-fordistes (l’exode du travail hors de sa condition salariale).

Cet idéal de mobilité est également constitutif de l’expérience du rap quand il squatte la langue pour mieux la subvertir (le devenir-rap).