La relation de consultance (L'Harmattan, 2003)

La relation de consultance, une sociologie des activités d'étude et de conseil, éditions L’Harmattan, 2003, 251 pages - ISBN : 2-7475-5198-9

Pascal NICOLAS-LE STRAT


Les administrations, les entreprises et les collectivités publiques recourent fréquemment à des prestations de conseil, d’étude, d’évaluation ou de recherche appliquée. La production de savoir est désormais intrinsèquement liée à l’action, qu’elle soit administrative ou productive.

La relation de consultance est le modèle serviciel qui régule cette mobilisation des savoirs à des fins productives, qui la régule d’un point de vue épistémique (une validité sociologique se convertit en pertinence organisationnelle), d’un point de vue professionnel (entre positionnement disciplinaire et posture d’intervention, entre qualification intellectuelle et compétences cognitives), et d’un point de vue entrepreneurial (de l’auto-constitution de l’activité à sa valorisation).

Une consultance s’analyse nécessairement sur un double plan, sur le plan de l’activité elle-même (une sociologie du travail de consultance) et sur le plan des savoirs effectivement mobilisés / élaborés à l’occasion d’une intervention (une épistémologie des savoirs de consultance).

Plus fondamentalement encore, une consultance s’analyse sur un plan polémologique, en tant que micro-politique du savoir. Une consultance implique les autres acteurs de l’organisation : sur quel type d’alliance s’appuie-t-elle ? S’inscrit-elle dans une logique de coopération, en particulier avec les savoirs portés par les collectifs de travail, ou, au contraire, dans une logique de disqualification et de déconsidération ?

Cette détermination ouvertement politique est bien souvent l’impensé des pratiques de consultance : la focalisation sur la méthode ou le résultat permet d’occulter à bon compte le processus lui-même et sa portée polémologique.