L'implication (L'Harmattan, 1996)

L'implication, une nouvelle base de l'intervention sociale, éditions L’Harmattan, 1996, 172 pages - ISBN : 2-7384-4684-1

Pascal NICOLAS-LE STRAT


Le capitalisme post-fordiste développe une « technologie » de la participation / implication afin d’intégrer plus fortement les individus à son mode de fonctionnement.

L’entreprise préconise de nouvelles formes de mobilisation de l’homme-au-travail à travers ses conceptions productives (organisation par projets) et sa gestion des ressources humaines (bilan de compétence).

La politique publique n’échappe pas à cette rhétorique de l’implication. Nombre de politiques incluent aujourd’hui une obligation d’engagement de la part de l’usager, en particulier sous la forme de contrats d’insertion et de projets de formation.

Nous qualifions de « surimplication » cette obligation qui est faite à chacun de toujours attester ce qu’il fait (contrat), ce qu’il est (bilan) et ce à quoi il aspire (projet).

Cette mise sous tension de l’existence et ce rapport oppressif à soi caractérisent les nouvelles formes de contrainte et de domination portées par le capitalisme contemporain.

Dans une perspective foucaldienne, nous montrons que cette technologie de l’implication relève d’un mécanisme de pouvoir bien spécifique, qui prend pour objet la vie elle-même et qui s’efforce de maximiser l’aptitude des individus à juger de leur conduite, par l’entremise d’une évaluation de compétence ou d’un projet professionnel.